01
Avant de déménager en Suisse
Une installation réussie commence idéalement avant le départ.
Certaines décisions peuvent être prises après l’arrivée. D’autres deviennent plus difficiles une fois le déménagement effectué ou une couverture étrangère résiliée.
Avant de partir, il est utile de réunir les documents suivants :
- passeport ou carte d’identité en cours de validité
- contrat de travail ou confirmation d’engagement
- contrat de bail ou attestation d’hébergement
- actes de naissance
- acte de mariage ou documents relatifs à l’état civil
- diplômes et certificats professionnels
- attestations d’assurance
- dossiers médicaux importants
- prescriptions et dénominations internationales des médicaments
- carnets de vaccination
- certificats scolaires des enfants
- permis de conduire
- documents relatifs au véhicule
- inventaire des biens déménagés
Les documents étrangers peuvent devoir être présentés sous une forme officielle, accompagnés d’une traduction ou d’une apostille selon leur origine et leur utilisation.
Il est également prudent de conserver des copies numériques accessibles indépendamment des bagages.
02
Vérifier son droit de séjour et de travail
Les conditions d’installation dépendent notamment :
- de la nationalité
- de la durée du séjour
- de l’existence d’un emploi
- du statut salarié ou indépendant
- du regroupement familial
- des études
- de l’absence éventuelle d’activité lucrative
Ressortissants de l’Union européenne ou de l’AELE
Les ressortissants de l’Union européenne et de l’AELE bénéficient de l’Accord sur la libre circulation des personnes.
Lorsqu’ils viennent travailler en Suisse, le contrat de travail détermine généralement le type d’autorisation délivrée.
Ils doivent normalement s’annoncer auprès de leur commune de résidence dans les quatorze jours suivant leur arrivée et avant de commencer leur activité.
Ressortissants d’États tiers
Les conditions sont plus restrictives pour les personnes ne provenant ni de l’Union européenne ni de l’AELE.
L’admission professionnelle vise principalement les cadres, spécialistes et autres travailleurs qualifiés. Elle dépend notamment :
- de la qualification
- de l’emploi proposé
- des contingents disponibles
- de la priorité accordée au marché suisse et européen
- de la décision des autorités cantonales et fédérales
Dans ce cas, l’employeur entreprend généralement les démarches avant l’arrivée.
Ressortissants britanniques
Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les nouveaux arrivants britanniques relèvent en principe du régime applicable aux ressortissants d’États tiers, sous réserve des droits acquis par les personnes déjà établies en Suisse avant 2021.
03
Comprendre les principaux permis suisses
Les permis les plus fréquemment rencontrés sont les suivants.
Permis L
Le permis L est une autorisation de courte durée.
Il est généralement lié à :
- un contrat de travail limité
- un séjour temporaire
- une mission professionnelle
- certaines études ou formations
Permis B
Le permis B est une autorisation de séjour.
Il est généralement accordé aux personnes qui disposent :
- d’un emploi d’une durée suffisante
- de ressources permettant de vivre en Suisse
- d’un motif reconnu de séjour
- de l’assurance requise
Permis C
Le permis C est une autorisation d’établissement.
Il confère une situation plus stable et influence notamment :
- certaines démarches administratives
- la fiscalité
- les droits relatifs à l’acquisition immobilière
- la mobilité professionnelle
Permis G
Le permis G concerne les frontaliers qui travaillent en Suisse tout en résidant à l’étranger.
Les règles relatives à l’assurance maladie, à la fiscalité et au télétravail varient selon le pays de résidence et les accords applicables.
Le nom du permis ne suffit pas toujours à comprendre tous les droits et obligations. Les autorités cantonales demeurent compétentes pour la procédure et peuvent demander des documents supplémentaires.
04
Choisir son canton et sa commune
Le choix du domicile en Suisse influence beaucoup plus que le temps de trajet.
Il peut avoir un effet direct sur :
- le montant du loyer
- la fiscalité
- la prime d’assurance maladie
- la langue administrative
- l’offre scolaire
- l’accès aux transports
- la proximité des hôpitaux et médecins
- les solutions de garde d’enfants
- la vie sociale
- le temps de déplacement quotidien
La Suisse compte 26 cantons et plus de 2’100 communes, avec une importante autonomie locale.
Deux communes situées à quelques kilomètres l’une de l’autre peuvent présenter :
- des taux d’imposition différents
- des loyers différents
- une région de primes maladie différente
- une offre de transports différente
- des services communaux différents
Ne pas choisir uniquement selon le loyer
Un logement moins cher peut entraîner :
- un trajet quotidien plus long
- l’achat d’un véhicule
- des frais de garde plus élevés
- une dépendance plus forte aux transports
- un éloignement du réseau social
- une fiscalité moins avantageuse
Il faut donc comparer le coût global et la qualité de vie, pas uniquement le loyer affiché.
05
Trouver un logement
Le marché locatif est tendu dans plusieurs régions, notamment autour de Genève, Lausanne, Zurich, Zoug, Bâle et certaines zones de l’Arc lémanique.
Un dossier de location comprend souvent :
- une pièce d’identité
- le permis de séjour ou la preuve de la demande
- le contrat de travail
- des fiches de salaire
- une attestation de l’employeur
- un extrait du registre des poursuites
- des références
- le formulaire de candidature de la régie
Pour un nouvel arrivant qui ne possède pas encore d’extrait suisse des poursuites, une explication ou un document équivalent du pays précédent peut parfois être demandé.
Garantie de loyer
Pour une habitation, la garantie locative ne peut en principe pas dépasser trois mois de loyer. Elle est généralement déposée sur un compte bloqué au nom du locataire.
Certaines entreprises proposent une garantie sans dépôt bancaire. Cette solution évite d’immobiliser le capital, mais les primes payées ne sont normalement pas récupérées à la fin du bail.
État des lieux
L’état des lieux d’entrée doit être effectué avec attention.
Il est utile de :
- photographier les défauts
- vérifier les installations
- signaler rapidement les problèmes non inscrits
- conserver les échanges écrits
- contrôler les délais prévus par le bail
06
Importer ses biens personnels
Les effets de déménagement peuvent généralement être importés sans droits ni taxes lorsque les conditions douanières sont remplies.
Les biens doivent notamment :
- être liés au transfert du domicile
- avoir été utilisés personnellement pendant au moins six mois
- continuer à être utilisés après l’installation en Suisse
Le formulaire douanier 18.44 et un inventaire des biens sont notamment utilisés dans la procédure.
Les envois ultérieurs doivent également être annoncés correctement.
Véhicule
Un véhicule utilisé depuis au moins six mois peut, sous certaines conditions, être importé comme effet de déménagement.
Il doit cependant être déclaré à la douane lors du passage de la frontière lié au déménagement. L’immatriculation suisse doit ensuite être organisée dans le délai applicable.
Il faut également prévoir :
- le contrôle technique éventuel
- l’assurance automobile suisse
- l’échange du permis de conduire
- les plaques cantonales
- les taxes automobiles
07
S’annoncer auprès de la commune
L’inscription auprès du contrôle des habitants ou de l’administration communale constitue l’une des premières démarches après l’arrivée.
Pour les personnes venant exercer une activité en Suisse, l’annonce intervient généralement dans les quatorze jours et avant le début du travail, selon le statut applicable.
Les documents demandés peuvent inclure :
- passeport ou carte d’identité
- contrat de travail
- contrat de bail
- photographie
- documents d’état civil
- justificatifs concernant les enfants
- formulaire cantonal
- preuve de ressources
- preuve d’assurance selon le motif du séjour
L’inscription auprès de la commune déclenche ou facilite ensuite plusieurs démarches :
- permis de séjour
- fiscalité
- assurance maladie
- scolarisation
- ouverture de certains comptes
- immatriculation
- échanges avec les autorités
Les exigences précises doivent être vérifiées auprès de la commune concernée.
08
Souscrire l’assurance maladie obligatoire
Toute personne qui s’établit en Suisse doit en principe souscrire une assurance obligatoire des soins dans les trois mois suivant sa prise de domicile.
Lorsque l’affiliation est effectuée dans le délai, la couverture et les primes s’appliquent rétroactivement depuis le début de l’obligation d’assurance.
Ce délai de trois mois ne doit donc pas être compris comme une période gratuite.
Attendre la fin du délai peut entraîner la réception simultanée de plusieurs mois de primes.
Chaque membre de la famille est assuré séparément
Contrairement à certains systèmes étrangers, il n’existe pas de couverture familiale unique dans l’assurance de base.
Chaque adulte et chaque enfant possède :
- son propre contrat
- sa propre prime
- sa propre franchise
- son propre modèle d’assurance
L’assureur doit accepter la demande
Dans l’assurance de base, l’assureur ne peut pas refuser une personne en raison :
- de son âge
- de son état de santé
- de ses antécédents
- d’une maladie existante
Les prestations légales sont définies de manière uniforme. Les différences concernent principalement la prime, le modèle de soins et le service administratif.
09
Ne pas choisir l’assurance maladie dans l’urgence
Les nouveaux arrivants prennent parfois la première offre proposée, simplement pour fournir rapidement une attestation à la commune.
Cette décision peut ensuite entraîner :
- une prime inutilement élevée
- une franchise mal adaptée
- un modèle difficile à respecter
- la perte du médecin souhaité
- une couverture accident en double
- une organisation peu pratique pour la famille
Avant de choisir, il faut examiner séparément :
- l’assureur
- la franchise
- le modèle de soins
- la couverture accident
- les besoins de chaque membre du foyer
Le comparateur officiel Priminfo permet de comparer les primes approuvées selon la commune, l’âge, la franchise et le modèle.
10
Comprendre la franchise et les dépenses personnelles
La prime mensuelle ne représente qu’une partie du coût de la santé.
L’assuré paie également :
- sa franchise annuelle
- une quote-part sur les coûts suivants
- une contribution hospitalière dans certaines situations
- les prestations qui ne sont pas couvertes
Une franchise élevée réduit la prime, mais augmente le risque financier en cas de traitement.
Pour une personne récemment arrivée, il est prudent de tenir compte :
- des traitements déjà en cours
- des médicaments réguliers
- des consultations prévues
- d’une grossesse
- des besoins des enfants
- de la réserve financière disponible
Une franchise élevée ne doit être choisie que si elle peut être payée rapidement sans difficulté.
11
Choisir son modèle de soins
Les modèles principaux sont :
- standard
- médecin de famille
- HMO ou réseau de soins
- télémédecine
- modèles combinés
Un nouvel arrivant qui ne connaît pas encore les médecins locaux peut préférer temporairement un modèle suffisamment souple.
Avant de choisir un modèle restreint, il faut vérifier :
- la présence de médecins anglophones ou francophones
- l’acceptation de nouveaux patients
- la proximité du centre
- les obligations de premier contact
- les exceptions
- le fonctionnement pour les enfants
- les conséquences en cas de non-respect
Le modèle le moins cher n’est pas toujours celui qui facilite le mieux l’installation.
12
Examiner les assurances complémentaires suffisamment tôt
L’assurance de base et les assurances complémentaires suivent des règles différentes.
Pour une complémentaire, l’assureur peut :
- poser des questions sur la santé
- demander des informations médicales
- appliquer une réserve
- proposer une couverture limitée
- refuser la demande
Un nouvel arrivant en bonne santé peut donc avoir intérêt à examiner ses besoins relativement tôt, avant l’apparition d’un diagnostic ou d’un traitement.
Les couvertures fréquemment examinées concernent :
- l’hospitalisation Flex, semi-privée ou privée
- les traitements à l’étranger
- les médecines alternatives
- les lunettes
- les soins dentaires
- l’orthodontie
- les transports et sauvetages
- les médicaments non couverts
- la prévention
Il ne s’agit pas de souscrire toutes les options disponibles. Il s’agit de ne pas attendre qu’un besoin soit devenu certain pour découvrir qu’il n’est plus assurable.
13
La couverture hospitalière : une décision importante pour les expatriés
De nombreux expatriés viennent de systèmes dans lesquels le choix de l’établissement ou du praticien fonctionne différemment.
En Suisse, une couverture hospitalière supérieure peut offrir :
- un choix plus large de médecins
- l’accès à davantage de cliniques
- des délais souvent plus courts pour certaines interventions programmées
- une chambre à deux lits ou individuelle
- une organisation plus personnalisée
Les modèles Flex sont particulièrement intéressants pour les nouveaux arrivants souhaitant préserver l’accès au semi-privé ou au privé sans supporter immédiatement la prime maximale.
Ils permettent de choisir la division au moment de l’hospitalisation, moyennant la participation prévue par le contrat.
Pour une personne qui ne sait pas encore combien de temps elle restera en Suisse, cette flexibilité peut constituer un bon équilibre entre coût et liberté.
14
Vérifier la couverture internationale existante
Certains expatriés disposent déjà :
- d’une assurance internationale
- d’une couverture fournie par l’employeur
- d’une assurance du pays d’origine
- d’une assurance voyage de longue durée
- d’une couverture diplomatique ou institutionnelle
Il faut vérifier précisément :
- si cette couverture permet une exemption de la LAMal
- si elle est reconnue par l’autorité cantonale
- si elle couvre les soins en Suisse
- si elle garantit le libre choix des établissements
- si elle se termine avec le contrat de travail
- si elle couvre les membres de la famille
- si elle est compatible avec une couverture suisse
- si elle crée des doublons
Une assurance internationale, même étendue, ne dispense pas automatiquement de l’obligation suisse.
Toute exemption doit être reconnue par l’autorité compétente.
15
Accident : employeur ou assurance maladie ?
Les salariés travaillant au moins huit heures par semaine pour le même employeur sont normalement couverts par l’assurance-accidents professionnelle pour les accidents professionnels et non professionnels.
Ils peuvent généralement retirer la couverture accident de leur assurance maladie et réduire leur prime.
Les personnes suivantes doivent en revanche vérifier si elles doivent conserver cette couverture :
- conjoints sans activité professionnelle
- enfants
- étudiants
- indépendants
- personnes travaillant peu d’heures
- personnes entre deux emplois
- retraités
Cette question doit être revue après tout changement professionnel.
16
Ouvrir un compte bancaire suisse
Un compte suisse facilite :
- le versement du salaire
- le paiement du loyer
- les factures
- les prélèvements automatiques
- les assurances
- les impôts
- les dépenses quotidiennes
Les documents demandés peuvent inclure :
- une pièce d’identité
- une adresse suisse
- le permis ou la preuve de la demande
- le contrat de travail
- l’origine des fonds
- le numéro fiscal étranger
- certains formulaires de conformité internationale
Les personnes américaines ou présentant des liens fiscaux avec les États-Unis peuvent faire l’objet de procédures supplémentaires liées aux obligations internationales des banques.
Comparer les coûts réels
Il faut examiner :
- frais de tenue de compte
- cartes
- retraits
- virements internationaux
- taux de change
- comptes en devises
- applications
- conditions de fermeture
- accessibilité du service en anglais
Pour un expatrié recevant ou envoyant régulièrement de l’argent à l’étranger, les frais de change peuvent être plus importants que les frais mensuels du compte.
17
Comprendre la fiscalité suisse
La fiscalité suisse comprend généralement trois niveaux :
- Confédération
- canton
- commune
Le montant final dépend notamment :
- du revenu
- de la fortune
- du canton
- de la commune
- de la situation familiale
- des déductions
- du statut de séjour
- de la confession dans certains cantons
- de la situation internationale
Impôt à la source
De nombreux salariés étrangers qui résident en Suisse sans permis C sont imposés à la source.
L’employeur retient directement l’impôt sur le salaire et le verse aux autorités. Cette retenue couvre généralement les impôts fédéral, cantonal et communal.
Selon la situation, une déclaration fiscale ordinaire peut néanmoins être obligatoire ou demandée.
Déclaration de la fortune mondiale
Lorsqu’une déclaration fiscale doit être déposée, le contribuable doit généralement annoncer ses revenus et sa fortune, y compris certains avoirs détenus à l’étranger.
La résidence fiscale suisse ne supprime pas nécessairement les obligations du pays d’origine.
Les citoyens américains, par exemple, peuvent conserver des obligations déclaratives aux États-Unis.
Pour les situations internationales, il est souvent utile d’obtenir un conseil fiscal au début de l’installation plutôt que de corriger plusieurs années plus tard.
18
Anticiper le coût de la vie
Les salaires suisses sont souvent élevés, mais plusieurs dépenses sont également importantes :
- logement
- assurance maladie
- garde d’enfants
- restauration
- services
- transports
- impôts
- soins dentaires
- activités extrascolaires
- stationnement
- dépenses liées au véhicule
Un budget d’installation doit également prévoir :
- la garantie de loyer
- le premier loyer
- les frais de déménagement
- plusieurs mois rétroactifs d’assurance maladie
- le mobilier
- les abonnements
- les démarches administratives
- les éventuels frais scolaires
- la constitution d’une réserve
Il faut comparer le salaire net disponible après les dépenses obligatoires, et non le salaire brut suisse avec le salaire brut du pays précédent.
19
Comprendre la sécurité sociale suisse
Toute personne qui vit ou travaille en Suisse entre généralement dans le système suisse de sécurité sociale, sous réserve des accords internationaux applicables.
Le premier pilier comprend notamment :
- l’AVS, pour la vieillesse et les survivants
- l’AI, pour l’invalidité
- les allocations pour perte de gain dans certaines situations
L’AVS est obligatoire pour les personnes qui résident ou travaillent en Suisse.
Les cotisations des salariés sont généralement prélevées sur le salaire et complétées par l’employeur.
Le numéro AVS commence par 756 et figure notamment sur la carte suisse d’assurance maladie.
20
Comprendre le deuxième pilier
Le deuxième pilier correspond à la prévoyance professionnelle.
Les salariés qui remplissent les conditions légales sont affiliés à la caisse de pension de leur employeur.
Le niveau de couverture dépend notamment :
- du salaire assuré
- du plan de prévoyance
- de l’âge
- des cotisations
- des prestations surobligatoires
- de la caisse
- du règlement de l’employeur
Deux personnes bénéficiant du même salaire peuvent avoir des couvertures très différentes selon leur plan de pension.
Il est utile de lire le certificat de prévoyance annuel, notamment pour connaître :
- le capital accumulé
- la rente de retraite estimée
- les prestations en cas d’invalidité
- les prestations en cas de décès
- le montant disponible pour un achat immobilier
- la possibilité de rachat
Transfert d’une pension étrangère
Une pension étrangère ne peut pas toujours être transférée directement dans une caisse suisse.
Les règles fiscales et sociales doivent être examinées dans les deux pays avant toute décision.
21
Le troisième pilier
Le pilier 3a est une prévoyance individuelle liée.
Les personnes disposant d’un revenu soumis à l’AVS peuvent, sous certaines conditions, effectuer des versements déductibles du revenu imposable.
En 2026, le maximum indiqué pour un salarié affilié à un deuxième pilier est de CHF 7’258. Les indépendants sans deuxième pilier peuvent verser jusqu’à 20 % de leur revenu, dans la limite annuelle applicable de CHF 36’288.
Le troisième pilier peut servir à :
- compléter la retraite
- réduire l’impôt
- financer une résidence principale
- préparer un départ définitif
- structurer certaines protections familiales
Il faut toutefois distinguer :
- un compte bancaire 3a
- une solution de placement 3a
- une assurance 3a
- une prévoyance libre 3b
Ces solutions n’ont pas les mêmes coûts, garanties, risques ou degrés de flexibilité.
22
Ne pas attendre plusieurs années pour examiner sa prévoyance
Les expatriés reportent souvent la prévoyance parce qu’ils ne savent pas combien de temps ils resteront en Suisse.
Cette hésitation est compréhensible, mais elle peut créer :
- des années sans épargne dédiée
- des lacunes en cas d’invalidité
- une protection insuffisante de la famille
- une fiscalité moins optimisée
- une absence de plan pour les avoirs suisses et étrangers
La première étape n’est pas nécessairement de souscrire un produit.
Elle consiste à comprendre :
- les droits déjà constitués dans le pays précédent
- les prestations AVS
- la caisse de pension
- les protections de l’employeur
- les besoins du conjoint
- les conséquences d’un départ futur
- les règles fiscales internationales
23
Assurer son logement et sa responsabilité
L’assurance responsabilité civile privée n’est pas imposée de manière générale au niveau fédéral, mais elle est souvent demandée par les régies et constitue une protection importante.
Elle peut couvrir certains dommages causés :
- à un tiers
- à un logement loué
- par un enfant
- dans la vie privée
- lors d’une activité de loisir
L’assurance ménage couvre notamment, selon le contrat :
- le mobilier
- les effets personnels
- le vol
- l’incendie
- les dégâts d’eau
- certains événements naturels
Les deux couvertures sont souvent combinées.
Il faut vérifier les valeurs assurées et éviter d’utiliser automatiquement les montants proposés sans tenir compte du mobilier réellement possédé.
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Familles et enfants
Une installation familiale demande d’anticiper plusieurs sujets :
- assurance maladie de chaque enfant
- pédiatre
- garde
- école
- activités
- allocations familiales
- assurance accident
- dentaire et orthodontie
- couverture hospitalière
- protection financière des parents
École publique
L’école publique relève principalement des cantons.
La langue d’enseignement dépend de la région :
- français
- allemand
- italien
- parfois romanche
Les enfants sont normalement affectés selon leur domicile et leur âge.
Des mesures d’intégration linguistique peuvent être proposées aux nouveaux arrivants.
Écoles privées et internationales
Les écoles internationales peuvent faciliter la continuité d’un parcours scolaire, mais leurs frais sont élevés et les places peuvent être limitées.
Avant de choisir, il faut examiner :
- la durée probable du séjour
- le système scolaire futur
- la langue
- la reconnaissance des diplômes
- le trajet
- les frais annexes
- la prise en charge éventuelle par l’employeur
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Orthodontie et assurance des enfants
L’assurance de base ne couvre pas l’orthodontie ordinaire.
Une assurance complémentaire peut prendre en charge une partie des frais, mais elle doit souvent être conclue avant qu’une malposition ou un traitement soit identifié.
Selon l’assureur, une demande peut nécessiter :
- un questionnaire
- un examen dentaire
- des radiographies
- une admission avant un certain âge
- un délai d’attente
Pour une famille récemment arrivée, il est utile d’examiner cette question rapidement plutôt que d’attendre la première recommandation de l’orthodontiste.
26
Grossesse et naissance
L’assurance de base prend en charge les prestations légales liées à la maternité.
Une couverture hospitalière complémentaire peut offrir davantage de choix concernant :
- la clinique
- le médecin
- la chambre
- l’accueil du partenaire
- certaines prestations après la naissance
Ces couvertures peuvent prévoir un délai d’attente et doivent donc être examinées avant une grossesse.
Assurer l’enfant avant la naissance
Certains assureurs permettent de demander certaines complémentaires avant la naissance.
Cette démarche peut préserver une admission facilitée, y compris lorsque des problèmes de santé sont découverts à la naissance, selon les conditions du produit.
27
Trouver des médecins et organiser ses soins
Trouver un médecin de famille peut prendre du temps dans certaines régions.
Il est utile de rechercher rapidement :
- un généraliste
- un pédiatre
- un gynécologue
- les spécialistes nécessaires
- une pharmacie
- les services d’urgence locaux
Avant de choisir un modèle d’assurance restreint, il faut vérifier que les médecins souhaités appartiennent au réseau.
Pour les personnes ne maîtrisant pas encore la langue locale, il est prudent de confirmer les langues parlées par le cabinet plutôt que de se fier uniquement à un annuaire.
28
Médicaments et dossiers médicaux étrangers
Les noms commerciaux des médicaments varient selon les pays.
Avant le déménagement, il peut être utile d’obtenir :
- le nom de la substance active
- le dosage
- l’indication
- les rapports médicaux importants
- les résultats d’examens
- les allergies
- le calendrier de suivi
- une réserve raisonnable autorisée
Certains médicaments disponibles librement ailleurs nécessitent une ordonnance en Suisse.
À l’inverse, certains produits peuvent ne pas être commercialisés sous la même forme.
29
Se déplacer en Suisse
La Suisse dispose d’un réseau de transports publics très développé.
Le choix entre transports publics et voiture dépend notamment :
- du domicile
- du lieu de travail
- des horaires
- de la famille
- de l’accès aux écoles
- du stationnement
- des déplacements internationaux
Avant d’importer ou d’acheter un véhicule, il faut comparer :
- assurance
- impôt cantonal
- carburant ou recharge
- stationnement
- entretien
- pneus saisonniers
- transports publics disponibles
Dans plusieurs centres urbains, vivre sans voiture peut être plus simple et moins coûteux.
30
Téléphone, internet et services du quotidien
Lors de l’installation, il faut prévoir :
- abonnement mobile
- internet
- électricité, selon le bail
- redevance radio-télévision
- courrier
- sacs ou taxes communales pour les déchets
- assurances
- transports
- inscriptions locales
Les contrats peuvent comporter :
- une durée minimale
- des frais d’activation
- des frais de résiliation
- des conditions spécifiques pour les appels internationaux
Les nouveaux arrivants devraient éviter de multiplier immédiatement les contrats de longue durée avant de connaître leurs besoins réels.
31
S’intégrer dans la vie suisse
L’intégration ne dépend pas uniquement de la maîtrise administrative.
Elle passe aussi par :
- la langue locale
- les associations
- les clubs sportifs
- l’école
- les relations de voisinage
- les événements communaux
- la compréhension des usages professionnels
- la participation à la vie locale
Même dans les environnements professionnels anglophones, apprendre la langue de la région facilite :
- les démarches
- les soins
- les relations sociales
- l’intégration des enfants
- les perspectives professionnelles
- l’accès à certaines informations
La Suisse fonctionne souvent par réseaux locaux. Une implication régulière peut faire davantage pour l’intégration qu’une simple présence professionnelle.
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Les habitudes qui surprennent parfois les nouveaux arrivants
Certaines pratiques peuvent demander une adaptation :
- respect des heures de tranquillité
- tri des déchets
- usage des buanderies communes
- ponctualité
- communication formelle avec les régies
- importance des courriers écrits
- réservations
- règles communales
- fermeture de certains commerces
- factures reçues séparément après une consultation médicale
Ces différences ne sont pas nécessairement complexes, mais elles sont rarement expliquées dans les contrats de travail ou les documents d’immigration.
Observer et demander des précisions permet d’éviter de nombreuses incompréhensions.
33
Les erreurs les plus fréquentes des expatriés
Attendre trois mois avant de penser à l’assurance maladie
Les primes sont rétroactives et plusieurs mois peuvent être facturés ensemble.
Choisir uniquement selon la prime
Une franchise ou un modèle inadapté peut coûter davantage à long terme.
Confondre couverture internationale et exemption suisse
Seule la décision de l’autorité confirme l’exemption.
Reporter les complémentaires
Une maladie ou un diagnostic peut rendre l’admission plus difficile.
Négliger la prévoyance
Les prestations du pays d’origine et de la Suisse ne se coordonnent pas toujours automatiquement.
Comparer uniquement les salaires
Le loyer, les impôts, l’assurance maladie et la garde d’enfants peuvent modifier fortement le revenu disponible.
Choisir une commune sans examiner la fiscalité et les transports
Un faible loyer ne garantit pas le coût global le plus bas.
Importer un véhicule sans préparer la douane
Le véhicule doit être déclaré correctement lors du déménagement.
Supposer que l’employeur organise tout
L’employeur peut aider, mais plusieurs obligations restent personnelles.
Oublier le départ futur
Les décisions concernant la pension, l’assurance et les investissements doivent aussi rester cohérentes si le séjour n’est pas permanent.
34
Les trente premiers jours
Durant le premier mois, les priorités sont généralement :
- s’annoncer auprès de la commune
- finaliser le permis
- ouvrir un compte bancaire
- organiser le logement
- comparer l’assurance maladie
- vérifier la couverture accident
- inscrire les enfants
- trouver les médecins essentiels
- organiser le téléphone et les transports
- vérifier les obligations fiscales
Il n’est pas nécessaire de tout optimiser immédiatement.
Il faut d’abord sécuriser les obligations et éviter les décisions irréversibles prises dans l’urgence.
35
Les trois premiers mois
Avant la fin des trois premiers mois, il est utile de :
- finaliser l’assurance maladie
- fournir l’attestation à l’autorité
- examiner les complémentaires importantes
- assurer le logement et la responsabilité civile
- vérifier la caisse de pension
- organiser les transferts financiers
- clarifier la fiscalité internationale
- terminer les démarches douanières
- vérifier les permis de conduire et véhicule
- constituer une réserve de sécurité
C’est également le bon moment pour revoir le budget réel après les premières factures suisses.
36
La première année
Durant la première année, les décisions deviennent plus stratégiques.
Il faut notamment examiner :
- l’adéquation de l’assurance maladie
- la franchise pour l’année suivante
- les assurances complémentaires
- la prévoyance
- le troisième pilier
- la protection du conjoint et des enfants
- les avoirs de pension étrangers
- la déclaration fiscale
- les projets immobiliers
- la durée probable du séjour
La première année ne doit pas uniquement servir à s’adapter. Elle permet aussi de construire une organisation financière cohérente.
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Préparer un éventuel départ dès l’arrivée
Anticiper un départ ne signifie pas que l’on prévoit de quitter rapidement la Suisse.
Cela consiste à éviter des décisions difficiles à défaire.
Il faut comprendre dès le départ :
- les conditions de retrait du deuxième pilier
- les règles du pilier 3a
- les conséquences fiscales
- le maintien ou la fin des complémentaires
- les règles applicables à un bien immobilier
- la coordination des pensions
- la fermeture des comptes
- les démarches de désinscription
Le deuxième pilier peut notamment faire l’objet de règles de versement anticipé lors d’un départ, selon le pays de destination et la part obligatoire ou surobligatoire.
Les décisions prises au début du séjour doivent donc rester compatibles avec plusieurs scénarios futurs.
38
Quand demander un accompagnement
Un expatrié peut accomplir lui-même une grande partie des démarches.
Un accompagnement peut toutefois être utile lorsque :
- la famille possède plusieurs nationalités
- des pensions existent dans plusieurs pays
- une couverture internationale est déjà en place
- la situation fiscale est complexe
- un membre de la famille ne travaille pas
- une activité indépendante est envisagée
- une grossesse ou des besoins médicaux existent
- le séjour pourrait être temporaire
- des actifs importants sont détenus à l’étranger
- une couverture hospitalière ou de prévoyance doit être structurée
Le rôle du conseiller ne devrait pas être de multiplier les produits.
Il devrait être d’aider à comprendre :
- ce qui est obligatoire
- ce qui est déjà couvert
- ce qui manque réellement
- ce qui peut attendre
- ce qui devient difficile à obtenir plus tard
- ce qui doit rester flexible en cas de départ
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Checklist complète pour s’installer en Suisse
Avant le départ
- vérifier le droit de séjour
- préparer les documents
- organiser les traductions
- conserver les dossiers médicaux
- examiner les couvertures existantes
- préparer l’inventaire douanier
- vérifier le véhicule
- rechercher le logement
- estimer le budget
- identifier les obligations fiscales internationales
À l’arrivée
- s’annoncer à la commune
- demander le permis
- ouvrir le compte bancaire
- finaliser le bail
- organiser les transports
- inscrire les enfants
- rechercher les médecins
- mettre en place les services essentiels
Dans les trois mois
- souscrire l’assurance maladie
- vérifier l’accident
- examiner les complémentaires
- assurer le logement
- analyser la caisse de pension
- clarifier la fiscalité
- terminer les démarches du véhicule
- établir un budget réel
Durant la première année
- revoir la franchise
- optimiser la prévoyance
- examiner le pilier 3a
- protéger la famille
- vérifier les pensions étrangères
- préparer la déclaration fiscale
- revoir les assurances
- planifier les projets à moyen terme
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Les principes essentiels à retenir
La Suisse ne fonctionne pas comme un système unique
Les cantons et communes jouent un rôle important.
Le domicile influence fortement le coût de la vie
Il affecte le loyer, la fiscalité, les primes et les déplacements.
L’assurance maladie doit être choisie, pas simplement obtenue
La première offre n’est pas nécessairement la plus adaptée.
Les assurances complémentaires doivent être examinées avant d’en avoir besoin
L’admission n’est pas garantie.
La prévoyance commence dès le premier salaire suisse
Même lorsque le séjour semble temporaire.
Une couverture internationale ne règle pas automatiquement la situation suisse
Les obligations et exemptions doivent être confirmées.
Les décisions familiales doivent être individuelles
Chaque personne possède ses propres besoins et contrats.
Le salaire brut ne suffit pas à évaluer l’opportunité
Il faut examiner le revenu disponible et la qualité de vie globale.
L’intégration dépasse les formalités administratives
La langue et les relations locales comptent durablement.
Un éventuel départ doit être intégré dès le début
La flexibilité est particulièrement importante pour un expatrié.
Conclusion
S’installer en Suisse ne consiste pas seulement à obtenir un permis, trouver un logement et choisir une caisse-maladie.
Il s’agit de construire progressivement une nouvelle organisation de vie.
Les premières semaines sont dominées par les démarches. Les premiers mois font apparaître les véritables coûts et les différences avec le pays d’origine. La première année permet ensuite de prendre des décisions plus durables concernant la santé, la famille, la fiscalité et la prévoyance.
La meilleure approche consiste à procéder dans cet ordre :
- sécuriser le droit de séjour
- choisir soigneusement son domicile
- accomplir les démarches obligatoires
- organiser l’assurance maladie
- protéger la famille et le logement
- comprendre les systèmes fiscal et social
- structurer progressivement la prévoyance
- conserver suffisamment de flexibilité pour l’avenir
Les expatriés ne partent pas tous de la même situation.
Certains viennent seuls pour quelques années. D’autres s’installent en famille et construisent leur avenir en Suisse. Certains conservent des actifs, pensions et obligations dans plusieurs pays.
La bonne solution n’est donc pas d’appliquer une checklist identique à tout le monde.
Elle consiste à comprendre les règles suisses, puis à les adapter à sa propre trajectoire.
Informations importantes
Ce guide présente les principes généraux applicables à une installation en Suisse.
Les règles peuvent varier selon :
- la nationalité
- le canton
- la commune
- le motif du séjour
- le permis
- la situation professionnelle
- le pays d’origine
- les conventions internationales
Les démarches et conditions doivent être confirmées auprès des autorités compétentes et des organismes concernés.
Les informations correspondent à la situation disponible en juillet 2026 et peuvent évoluer.

